Les collections de haute joaillerie renouvellent le genre #3 : Bvlgari, Pomellato et Cartier, beautés de la nature et du monde

Marianne Riou

Après Dior, Vuitton, Fendi, Chanel et Van Cleef & Arpels, c’est au tour des Maisons Bvlgari, Pomellato et Cartier de faire montre de leur talent. Les merveilles de la nature, des jardins et du monde, sujets plus classiques en haute joaillerie, sont revisitées ici dans des créations qui convoquent le spectaculaire. La nature même des pierres permet d’exploiter au maximum le jeu des reflets, entre couleur et lumière, et de retranscrire la virtuosité et la diversité des créations d’une « Nature » démiurge.

Bvlgari, « Eden, The Garden of Wonders », le savoir-faire au service de l’extravagance

Pour la Maison Bvlgari, l’extravagance et l’audace ne sont jamais en reste ! Le jardin d’Eden a cette fois inspiré au joaillier romain une collection luxuriante, composée de  140 pièces uniques.

30 créations originales rendent hommage à l’émeraude, avec notamment le collier plastron Emerald Glory, qui rassemble onze émeraudes poire de Colombie pour un poids total de 42,02 carats ; associées à 73 diamants poire taille brillant (110,39 carats), elles dessinent une pièce spectaculaire, semblable à un col de dentelle scintillante, modifiable et portable en tiare.

Le spectaculaire est ici recherché et nous impressionne. Un serpent – emblème du jardin d’Eden et que la Maison Bvlgari affectionne – hypnotise et charme dans le collier Serpenti Ocean Treasure. Une version de Serpenti revisitée et déclinée pour cette collection, son corps entrelacé entièrement diamanté (20 carats de diamants), qui tient dans sa bouche un rare saphir du Sri Lanka à la teinte « bleu bleuet » vif et profond, taille goutte, de 61,30 carats.

Nous ne pouvons pas ne pas nous arrêter sur le collier Tribute to Paris, au motif Tour Eiffel étonnant, célébrant la ville lumière, et à son émeraude cabochon mise en valeur par 461 émeraudes taille suiffée (26,63 carats), 317 diamants (14,11 carats), pavé diamants (14,76 carats) et 50 diamants taille poire.

Ou, actualité oblige, arrêtons-nous sur la Tiare Jubilee, conçue en hommage à sa Majesté la reine Elizabeth II, seule monarque britannique à avoir célébré, en 2022, un jubilé de platine, marquant 70 ans de règne pour une reine – décédée le 8 septembre de la même année – devenue une icône. Une tiare d’exception, en platine évidemment, transformable en collier et figurant un bouquet végétal, sertie de diamants et émeraudes. L’émeraude de centre est gravée dans la plus pure tradition moghole, inspirée de l’art persan et de ses motifs floraux.

À noter, la Maison Bvlgari propose, depuis fin septembre, un documentaire, Inside the dream, à découvrir sur Prime Video et Canal+, pour s’immerger dans les coulisses de ses ateliers de création et la conception de ses collections de haute joaillerie. Une découverte du « Saint Des Saints » et de secrets d’ordinaire si bien gardés…

Pomellato, reflets changeants à la faveur d’« Une promenade dans la nature de l’aube au crépuscule », 3ème volet de La Gioia

C’est à célébrer la joie d’une journée, des lueurs de l’aube naissante au coucher du soleil, que nous invite la Maison italienne Pomellato pour le troisième volet de « La Gioia », sa toute première collection de haute joaillerie, lancée en 2020.

33 bijoux qui s’inspirent d’une promenade dans une nature aux reflets changeants où le style Pomellato est immédiatement identifiable.

Les diamants sont distillés ça et là, points d’orgue ou d’exclamation, comme sur la bague Flower Power où leur éclat incomparable répond au dégradé de spinelles bleu-gris orage et de saphirs, en toute subtilité.

La chaîne gourmette iconique se réinvente, moderne et parée de 1 400 diamants noirs et blancs, un mélange en bichromie qui se joue de la lumière sur une création forte.

Le collier Rivière, Secrets of the rising sun impressionne avec ses cinq aigues-marines baroques et irrégulières, d’un bleu translucide et de plus de 150 carats, ceintes d’un ruban de diamants blancs. Ces nouvelles tailles cabochons rappellent les galets au charme irréguliers, façonnés par l’eau.

Quant au nouveau bracelet manchette Flex, il est pavé de 2 054 diamants noirs et blancs en contraste, pour un total de 31 carats, alternant avec des éléments d’or rose. Une pièce qui en impose, à l’image de cette collection au design affirmé et baroque.

Cartier, les « Beautés du monde » et la diversité du beau

La Maison Cartier s’est également inspirée de la nature, à sa façon. Elle retranscrit et interprète la beauté et la diversité du monde, avec un langage cher à Cartier, de manière forte, symbolique, abstraite ou figurative, à travers les 97 pièces qui composent la collection Beautés du monde.

Ainsi le collier Aporia, du nom d’un papillon, figure, dans un motif abstrait et géométrique, l’aile de l’insecte comme observée de très près. Le motif naturaliste est reproduit et répété à l’envie dans un dialogue empreint de modernité où le rose rouge de la rubellite et le noir de l’onyx répondent en touches graphiques au blanc inégalable des diamants.

C’est à nouveau cette idée d’une aile de papillon observée de près qui est distillée dans le collier Apatura aux couleurs chatoyantes. Diamants blancs, saphirs orange et boules de saphir, magnifient les feux de deux incroyables opales d’Australie. Il y a quelque chose de l’Impressionnisme dans ce travail par touches subtiles qui révèlent l’iridescence et la fragilité des ailes de l’animal que l’on croit volontiers voir s’envoler…

La mer a aussi toute sa place : le collier Nouchali revisite une fleur aquatique géométrique, où des pétales de diamants stylisés, cernés de nacre, enveloppent, au cœur de la fleur, une rubellite de 10,61 carats, pierre de centre d’un rose vibrant. Ou dans le collier Récif, qui évoque le corail ou la faune et la flore multicolore des atolls, orange vif, améthyste d’un vert éclatant et blanc irisé des diamants.

Enfin, les diamants donnent toute leur force aux colliers Iwana et Water Aspis, rappelant l’un le relief et le dessin de la peau d’un iguane et l’autre les ondulations d’un serpent marin…

« Trembleurs », technique de l’enfilage, taille sur œuvre, tout le savoir-faire des artisans de la Maison Cartier a été ici convoqué et permet de créer des compositions en mouvement, ajustables, transformables et aussi belles que « vivantes » !

Source Rubel & Ménasché


Photos Courtesy of the brands © Bvlgari, Pomellato, Cartier.