Les marchés financiers veulent investir, certains ont besoin d’aide

Edahn Golan

Près de cinq ans ont passé depuis la crise financière de 2008, et pourtant les marchés financiers continuent à s’intéresser aux diamants et à leur industrie.  [:] Malgré ce laps de temps, l’investissement à venir devrait être important. Or, quelques obstacles persistent, qui l’empêchent de se concrétiser. La crise de 2008 a incité de nombreuses institutions financières et investisseurs à rechercher un support relativement résistant à ces aléas, un actif à faible corrélation, digne de confiance. Généralement, un portefeuille d’investissement est constitué d’actions, d’obligations, d’immobilier et de contrats à terme. Tous ont été balayés par la crise ; certains étaient difficiles à monétiser, même aux nouveaux niveaux de prix, largement inférieurs. Un investisseur qui avait besoin d’argent n’a retrouvé qu’une partie de son investissement. Les intéressés se sont donc mis à la recherche d’un actif résistant aux crashs financiers.

Les diamants ne sont pas à l’abri de baisses de prix. Entre hauts et bas, soit entre septembre 2008 et octobre 2009, les prix ont reculé en moyenne de 16,5 %. L’or a chuté de plus de 21 %, le platine de 59 %, le S&P 500 a baissé de 52 % et la Bourse de Shanghai s’est effondrée de plus de 69 %. Tous ont reculé, puis se sont repris, en suivant des calendriers quelque peu différents. Mais aucun n’a été épargné par la crise, et tous ont chuté plus loin que le taillé.

Selon l’indice composite Case-Shiller, les prix des logements aux États-Unis, facteur précurseur de la crise, demeurent environ 29 % en dessous de leur pic de juillet 2006.

Les diamants, quant à eux, s’en sont bien mieux tirés ; naturellement, les institutions financières ont décidé de s’y intéresser. Très vite, elles ont constaté que les diamants sont loin d’être un produit homogène, que les prix ne sont pas transparents et peu d’investisseurs se sont interrogés sur les « diamants du conflit ».

Sur l’ensemble, le plus gros problème demeure la divulgation des prix. Cet élément essentiel, pour étudier et sélectionner un investissement, est un mystère : les prix sont-il à la hausse ou à la baisse ? Est-ce le bon moment pour investir ou se désister ? Difficile à dire lorsqu’il n’existe pas de mécanisme de divulgation des prix digne de confiance.

Aujourd’hui, des problèmes de réputation sont également évoqués, mais dans une moindre mesure. Ils sont principalement abordés au sein même de l’industrie.

D’autres questions sont soulevées, comme le grand écart entre les prix du brut et du taillé et les faibles marges des fabricants, qui conservent des stocks importants. Tous ces sujets sont intéressants et tous sont subordonnés à la transparence.

Pour beaucoup dans l’industrie, principalement au sein de la section intermédiaire, une injection de liquidités serait bénéfique. Cela améliorerait le marketing, par exemple. L’opération risquerait pourtant d’accentuer la fluctuation des prix. Les sociétés peuvent donc préférer investir leurs suppléments de revenus dans l’achat de brut, entraînant ainsi des hausses de prix inutiles et néfastes.

Enfin, même si la question de la divulgation des prix était résolue, les investisseurs veulent être convaincus qu’ils pourront revendre ce qu’ils achètent. Ce mécanisme n’existe pas non plus… du moins pas encore.
[two_third]
De nombreuses démarches peuvent être entreprises pour briser les barrières. La première consisterait à atténuer la méfiance qu’ont de nombreux diamantaires envers les marchés financiers. Il est aussi essentiel de faire preuve de volonté pour divulguer les prix d’échange. Inutile de les associer directement à l’identité d’un acheteur ou d’un vendeur mais, sans cette information, il est impossible de négocier avec les marchés.

Accepter l’inéluctabilité du changement et comprendre que « ce n’est pas ainsi que fonctionne l’industrie » est un état d’esprit qui renvoie le secteur dans le passé et bloque son évolution.[/two_third]

[one_third_last]

« Accepter l’inéluctabilité du changement et comprendre que « ce n’est pas ainsi que fonctionne l’industrie » est un état d’esprit qui renvoie le secteur dans le passé et bloque son évolution. »

[/one_third_last]

L’industrie ferait bien d’ôter ses œillères, d’adopter une approche innovante et de l’étendre au-delà de ses frontières. Certains ont déjà négocié ce virage et regardent par-delà leurs limites. Ce sont sûrement eux qui en profiteront plus, car ceux qui osent, gagnent.

Source Idexonline