Le GIA introduira une évaluation de la taille pour certaines formes fantaisie à partir de 2027

Joshua Freedman

Le laboratoire prévoit également d’ajouter de nouveaux commentaires visant à préciser l’impact de la fluorescence.

Le Gemological Institute of America (GIA) prévoit d’introduire en 2027 une évaluation de la qualité de taille pour les diamants de formes marquise, ovale et poire, une évolution attendue de longue date par le marché.

L’industrie diamantaire réclamait cette évolution depuis plusieurs années, la qualité de taille pouvant varier considérablement d’une pierre à l’autre alors que le GIA ne prend actuellement pas cet aspect en compte dans ses rapports.

Si les diamants ronds taille brillant peuvent obtenir la mention Triple Excellent, avec une taille, un poli et une symétrie évalués « Excellent », les autres formes ne font aujourd’hui l’objet que d’une évaluation du poli et de la symétrie.

Le GIA prévoit de lancer ce système d’évaluation de la taille pour les formes fantaisie en 2027, en commençant par les formes marquise, ovale et poire, a indiqué l’organisation dans une déclaration transmise à Rapaport News vendredi. Des informations complémentaires sur ce lancement et sur les services de laboratoire associés seront communiquées au début de l’année 2027.

« Le GIA travaille à l’élaboration de critères d’évaluation de la taille pour les diamants de formes fantaisie depuis l’introduction de son système de gradation de la taille pour les diamants ronds taille brillant en 2006 », précise le communiqué. « Cette initiative s’inscrit dans la mission de protection du consommateur du GIA et sera soutenue par ses programmes de formation, ses services de laboratoire et des solutions destinées aux fabricants. »

Tom Moses, vice-président exécutif et directeur des laboratoires et de la recherche du GIA, avait révélé ces projets pour la première fois en septembre dernier lors du salon Jewellery & Gem World Hong Kong, selon JewelleryNet, sans toutefois préciser quelles formes seraient concernées en priorité.

La demande pour les diamants de formes fantaisie a progressé au fil des années. Près d’un tiers des diamants soumis au GIA pour évaluation en 2022 étaient des formes fantaisie, contre moins d’un quart au cours des dix années précédentes, indiquait Tom Moses dans un entretien accordé à JewelleryNet en 2025.

De nouveaux commentaires sur la fluorescence

Par ailleurs, le GIA prévoit d’ajouter de nouveaux commentaires relatifs à la fluorescence dans ses rapports de gradation standard et ses dossiers diamantaires à compter du quatrième trimestre de cette année.

Les diamants naturels de couleur D à Z présentant une fluorescence dans certaines plages d’intensité recevront l’une des deux mentions prévues, a indiqué le GIA à Rapaport News la semaine dernière.

L’un des commentaires précisera que la fluorescence peut améliorer l’apparence du diamant dans des environnements riches en lumière ultraviolette (UV), tels que la lumière du jour naturelle.

L’autre commentaire, qui concernera moins de 0,2 % des diamants naturels de couleur D à Z, indiquera que la fluorescence « peut rendre plus visibles sous un éclairage riche en UV certaines caractéristiques préexistantes sans lien avec la fluorescence, telles qu’une altération de la transparence, un aspect voilé ou laiteux ».

Le GIA précise qu’il évalue actuellement ces deux formulations, qui apparaîtront dans la section « commentaires » des rapports concernés. Le texte définitif n’a pas encore été arrêté.

La fluorescence demeure depuis longtemps un sujet de débat au sein de l’industrie diamantaire. Les pierres présentant des niveaux élevés de fluorescence sont généralement négociées avec une décote en raison d’une perception qui peut affecter leur désirabilité.

Dans une étude publiée en 2021, le GIA indiquait qu’une fluorescence forte ne provoque pas en elle-même d’aspect voilé dans les diamants, mais qu’elle peut accentuer ce phénomène lorsqu’il existe déjà.

Les nouveaux commentaires n’aborderont toutefois pas l’impact éventuel de la fluorescence sur la couleur du diamant, une relation parfois évoquée dans le secteur.

Selon une publication du GIA, ce phénomène peut amener un diamant de couleur inférieure à paraître plus incolore sous une lumière contenant des UV. À l’inverse, dans les diamants de couleur élevée, certaines personnes perçoivent un aspect plus voilé ou huileux lorsque la pierre présente de la fluorescence.

Au total, environ 10 % des diamants naturels de couleur D à Z reçus par le GIA pourraient être éligibles à l’ajout d’un commentaire relatif à la fluorescence. Le laboratoire précise que seuls les diamants répondant à certains critères d’intensité de fluorescence, de couleur, de pureté et de qualité de poli seront concernés.

« Ce commentaire s’appuie sur les travaux approfondis menés par les chercheurs du GIA sur l’effet de la fluorescence bleue sur l’apparence des diamants », explique l’institut. « Ces recherches démontrent que la fluorescence exerce généralement un effet neutre à positif sur l’apparence de la pierre et que, dans de nombreux cas, elle peut rendre un diamant plus lumineux dans des conditions d’éclairage comparables à la lumière du jour. »

Image : Diamants taille marquise. (Shutterstock)

Source : Rapaport