Le Botswana arrive à un tournant critique de son économie, foncièrement basée sur le marché du diamant qui traverse une crise sans précédent. Ce qui était un atout se transforme en vulnérabilité majeure. Le Botswana envisage les différentes manières dont il pourra, à terme, se désengager de cette dépendance.
Un pilier économique fragilisé
Dans un article approfondi, le media d’information News Central TV basé à Lagos analyse la situation du Botswana. Les chiffres sont vertigineux. Les diamants représentent environ un quart du PIB et jusqu’à 80 % des recettes d’exportation du pays. En 2025, la production a chuté d’environ 40 % et les prévisions sont encore plus pessimistes. Les revenus du diamant ont chuté de moitié, creusant le déficit budgétaire du pays. Cette contraction intervient dans un contexte de stocks élevés, estimés à 12 millions de carats début 2026, soit près du double du niveau jugé raisonnable par le gouvernement.
Ce choc fragilise directement le modèle fiscal et par conséquent le modèle social, alors qu’aucun relais de croissance suffisamment avancé n’existe. Un économiste souligne que « le modèle fiscal du Botswana est soumis à un véritable test de résistance au moment précis où son principal moteur d’exportation s’essouffle. »
Face à cette pression, Gaborone a choisi de négocier avec son partenaire historique De Beers, signant un accord qui augmente la part de la production de Debswana * que l’Etat peut vendre via Okavango Diamond Company (ODC). Celle-ci a été portée à 30% et devrait à terme atteindre 50% d’après l’accord. En échange, les concessions minières sont prolongées de 25 ans. Le contrôle du Botswana sur le commerce de ses diamants en sort renforcé et de son côté, le groupe minier De Beers obtient de nouvelles garanties.
Quel relai de croissance ?
Parallèlement, le pays tente de construire un second pilier de croissance, ladiversification étant la seule voie envisageable en l’absence de toute vue à long terme sur le marché du diamant. « L’Afrique doit apprendre de l’Arabie saoudite et ne pas dépendre uniquement des ressources minérales » explique un expert interviewé par News Central TV.
Le Botswana Economic Transformation Programme vise à développer les services, attirer de nouveaux investisseurs, élargir son secteur financier et soutenir un tissu de PME et d’industries numériques afin de stabiliser les revenus du pays. Dans cet objectif, le pays a mis en place en 2025 le Botswana Sovereign Wealth Fund Limited, chargé de piloter de nouveaux investissements tant au niveau national qu’international. L’énergie, le tourisme, et la technologie font partie des priorités étudiées, intégrant davantage le Botswana dans une structure plus régionale. Par ailleurs, un fonds privé, le Botswana Tech Fund devrait porter ses investissements sur la technologie et le capital-risque.
Malgré la virulence du choc que doit absorber le pays (S&P a abaissé sa note souveraine à BBB- en 2025), le FMI semble se montrer relativement optimiste quant à sa capacité à transformer son économie, anticipant une croissance de 4,7% cette année.
*Société minière basée au Botswana, détenue à parts égales par le gouvernement et le groupe De Beers
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Source : News Central