ALROSA et la De Beers en lice pour la découverte de diamants en Angola

Mathew Nyaungwa

Depuis un certain temps maintenant, les producteurs rencontrent des difficultés à découvrir de nouveaux grands gisements qui viendraient remplacer leurs actifs vieillissants.[:]

Les sources de diamants (alluvionnaires) faciles d’accès sont vouées à s’épuiser. Les miniers doivent donc creuser le sol, une opération malheureusement consommatrice de capitaux.

La deuxième solution consiste à dénicher de nouvelles exploitations qui pourraient contrebalancer l’épuisement des réserves.

L’Angola arrive en troisième place, derrière la Russie et le Canada, en termes de potentiel diamantifère inexploré. Les grands acteurs de l’industrie ont récemment estimé pouvoir y découvrir de nouvelles mines.

Il semble également que l’Angola a pris conscience de la situation. Le pays a récemment tenté d’appâter les gros poissons (comprenez les miniers) grâce à des taxes réduites.

« La nouvelle loi est très claire. Elle garantit la sécurité des investisseurs. Ils se sentent en confiance et profitent d’une transparence adéquate et de droits miniers garantis », a expliqué Francisco Queiroz, le ministre de la Géologie et des Mines, cité par Bloomberg.

« Elle assure aussi suffisamment de flexibilité pour que les sociétés contractent des partenariats sur la base de négociations avec le gouvernement, et non par obligation. Nous voyons là une vraie rupture avec le passé. »

Il faut préciser que ce virage n’avait pas pour seul but de promouvoir l’exploitation des diamants. Il visait aussi à stimuler l’investissement dans d’autres minéraux, comme le minerai de fer et d’or.

Ainsi, avec des taxes minières moindres et un pays classé au troisième rang des régions inexplorées en termes de diamants, on comprend désormais pourquoi la De Beers et ALROSA y engagent des incursions.

Bloomberg a rapporté, plus tôt cette année, que la De Beers espérait découvrir un gisement en Angola qui lui permettrait de récupérer les 250 millions de dollars investis en exploration dans le pays depuis 2005.

La société a exploré cinq concessions au cours de cette période.

D’après l’article, la De Beers avait découvert des diamants dans une concession de 3 000 kilomètres carrés, près de Lucapa, dans la province de Lunda Nord.

« Nous pensons pouvoir trouver un gisement qui nous permettrait de récupérer tous nos investissements, a affirmé le directeur commercial de la société en Angola, Pedro Lago de Carvalho. Le contrat est clair, il n’y a pas à transiger. »

Les résultats des études d’évaluation des trois kimberlites de Mulepe devraient être dévoilés prochainement. Ils pourraient être suivis de rencontres avec Endiama pour décider de la voie à suivre.

La De Beers détenait 49 % de la concession Mulepe, Endiama possédant le reste.

Pedro Lago de Carvalho a déclaré que l’Angola constituait une « priorité supérieure » pour la De Beers. Un budget annuel de 30 millions de dollars aurait été prévu pour les opérations de prospection.

D’autre part, ALROSA, qui détient le monopole du diamant en Russie, a confirmé une forte probabilité de découverte de nouveaux grands gisements primaires de diamants en Angola.

Les géologues d’ALROSA mèneraient des travaux préliminaires pour évaluer les secteurs les plus prometteurs en termes de gisements primaires.

La récente visite en Angola du président d’ALROSA, Fiodor Andreïev, témoignait également du sérieux avec lequel le géant du diamant considère les perspectives de lancement de nouvelles mines dans ce pays d’Afrique australe.

Fiodor Andreïev a rencontré le président José Eduardo dos Santos, ainsi que le ministre de l’Exploitation minière du pays, Francisco Queiroz, et la direction d’ENDIAMA et de Sociedade Mineira de Catoca.

ALROSA et Endiama détiennent chacune 32,8 % de la mine Catoca.

ALROSA a déclaré avoir discuté de perspectives de coentreprise d’exploration avec Endiama.

« Le matériau géologique déjà obtenu par les spécialistes d’ALROSA en Angola montre une forte probabilité de découvrir de nouveaux grands gisements primaires dans ce pays », a rapporté un porte-parole de la société à Rapaport.

D’autres sources ont affirmé qu’ALROSA avait déjà discuté de l’éventualité d’acquérir des licences de prospection professionnelles dans les zones de Quang et Luminash.

En plus des zones ciblées par la De Beers et ALROSA, le minier Endiama, une entreprise publique, a déclaré en mars dernier qu’il commencerait probablement sa production dans quatre nouvelles mines avant un an.

Bloomberg, rapportant les propos du porte-parole d’Endiama, Antonio Freitas, a indiqué qu’il s’agirait de deux mines de kimberlite à Tchiuzo, dans la province de Lunda Sud, et de Chiri, dans la province de Lunda Nord.

Les travaux débuteraient en fin d’année ou début 2014.

L’exploitation de Tchiuzo, a-t-il déclaré, serait gérée par Sociedade Mineira de Catoca, une société appartenant à Endiama, avec le russe OAO ALROSA et le brésilien Odebrecht SA.

Antonio Freitas a expliqué que les deux autres étaient des mines alluviales. Elles devraient entrer en production cette année.

Il s’agit de Tchege, à Lunda Sud, et de Maua, dans la province de Malanje, à proximité de la frontière avec la République démocratique du Congo, a rapporté Bloomberg.

Escom Investimentos e Participacoes SA, une société angolaise, dont les activités englobent aussi bien l’exploitation minière que l’acquisition de biens, a également prévu de commencer la production d’un gisement de diamants en mai.

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Le président de la société, Helder Bataglia, a déclaré que le site alluvionnaire de Tchegi produirait, associé à la mine de kimberlite existante de Luo, qui appartient à Escom, un total d’environ 35 000 carats par mois d’ici la fin de l’année.

Lorsque tous ces projets tourneront à plein régime, il est très probable que l’Angola gravisse les échelons de l’industrie minière mondiale.

Cette année, la production devrait atteindre entre 9 et 10 millions de carats, contre un peu plus de 8 millions l’an dernier.

Autrement dit, la De Beers et ALROSA ont montré qu’elles n’étaient pas disposées à se laisser distancer dans le dossier des diamants angolais.

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« Cette année, la production en Angola devrait atteindre entre 9 et 10 millions de carats, contre un peu plus de 8 millions l’an dernier. »

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Notons qu’elles ne tournent le dos ni aux opportunités du Zimbabwe ni à celles du Botswana. La De Beers pourrait toutefois rencontrer des problèmes au Zimbabwe, étant donné sa mésentente avec Harare à propos des diamants du pays.

Source Rough and Polished