L’art diamantaire révélé : le laboratoire remarquablement équipé de Rubel et Ménasché

Isabelle Hossenlopp

Dans ce nouveau chapitre de « l’Art diamantaire révélé », nous vous invitons à entrer dans le laboratoire de Rubel & Ménasché. Vous y découvrirez un monde mystérieux où dialoguent machines high-tech et experts aux analyses aussi poussées qu’impressionnantes.

C’est une pénombre silencieuse qui accueille le visiteur lorsqu’il rentre, à pas presque feutrés, dans le laboratoire de Rubel & Ménasché, un espace qui a été modernisé et agrandi à 40 m² en 2024.

Vous apprendrez comment se déroule le contrôle de la naturalité des diamants, étape essentielle avant que la pierre poursuive son parcours en interne. Entièrement tracée depuis son achat auprès de sightholders – Rubel & Ménasché est partenaire de Dali Diamond, sightholder depuis 1969 – jusqu’à l’expédition des pierres aux ateliers de la place Vendôme, chaque pierre fait l’objet d’une vérification minutieuse et répertoriée.  Une équipe d’analystes et gemmologues, assistée par des machines parmi les plus performantes du marché, expertise le diamant dès qu’il franchit les portes de la Maison.

« Cette transparence sur notre analyse est un gage de confiance essentiel auprès des clients » affirme Nastasia, cheffe d’équipe contrôles qualités & expertise pierres.

Des équipements de pointe

Dans le laboratoire d’analyse équipé à cet effet, neuf machines de pointe, la plupart d’origine suisse, dont deux ASDI-500, peuvent analyser jusqu’à 200 000 pierres dans la même journée et détectent n’importe quelle intruse, même de la taille d’un grain de sable.

Cette importante dotation en équipement permet au laboratoire interne de Rubel & Ménasché de prendre en charge la totalité des analyses requises pour livrer les clients.

ASDI-500

Un contrôle à chaque étape

« La totalité des pierres qui nous arrivent, même accompagnées d’un rapport d’analyse de laboratoire externe, est revérifiée par le laboratoire interne de Rubel & Ménasché. Chaque étape de contrôle est enregistrée dans notre logiciel interne, chaque historique de lot peut être retracé, avec le nom de chaque personne l’ayant eu entre ses mains, la date, l’horaire et le travail effectué sur la pierre. Un code couleur spécifique détermine à quelle étape du flux se trouve chaque lot (rouge pour la marchandise non contrôlée, jaune lorsque les pierres analysées ont été classées naturelles et vert lorsque le tri, selon les 4 critères de classification du diamant – cut, clarity, color, carat – a été effectué). Chaque lot de diamants porte sa propre étiquette. C’est en quelque sorte sa « carte d’identité » qui se complétera au fur et à mesure de sa progression dans le flux interne de la Maison » précise Nastasia.

La naturalité dans toute sa luminescence

Nastasia aime souligner que « les pierres naturelles, qui ont passé des millions d’années sous la terre, racontent leur histoire à travers leurs “défauts” (impuretés chimiques et structure interne). Les pierres de synthèse, quant à elles, ayant grandi en quelques semaines dans un milieu fermé, ont une vie infiniment moins palpitante. »

Déterminer la naturalité se fait principalement grâce à la photoluminescence, en analysant la présence ou l’absence de défauts ponctuels dans la structure du diamant. Ces défauts apparaissent à l’observation spectroscopique sous excitation d’un laser. Lorsque le diamant absorbe cette source lumineuse, celle-ci réémet une luminescence, majoritairement bleue. Cette lumière est analysée grâce à un spectromètre, dont le résultat sera ensuite interprété par l’analyste. 

Observation spectroscopique

Rester toujours à la pointe de la technologie

Créé en 2017 et situé rue de la Paix à Paris, le laboratoire est l’un des premiers à avoir été implanté chez un diamantaire. Ce rôle de précurseur a encouragé Rubel & Ménasché à rester toujours pionnier dans son domaine.

La demande de pavage est telle que le laboratoire a dû récemment investir dans des machines automatiques permettant d’analyser la naturalité de diamants avec une précision extrême.

Pour cela, l’ASDI-500 est indispensable et elle a déjà fait ses preuves depuis presque 3 ans au sein du laboratoire. Elle peut analyser et trier des pierres à partir de 0,5 mm de diamètre. Avec un cadencement de plus de 700 pierres par heure et une capacité d’autonomie prolongée, elle peut fonctionner jour et nuit sans interruption, ce qui améliore considérablement la performance et la rapidité d’analyse du laboratoire.

Cette capacité de détection est une qualité essentielle pour Rubel & Ménasché dont l’un des cœurs d’activité est le mêlé. Certes, l’investissement est de taille mais rester à l’avant-garde de la technologie est indispensable pour renforcer la crédibilité et la fiabilité de la Maison auprès de ses clients. Être perçu comme un partenaire robuste et fiable est une valeur fondamentale de la Maison.

Automatiser la détection pour se concentrer sur l’essentiel

« Avant d’avoir toutes ces machines automatiques, l’analyse était tout simplement manuelle, dit Nastasia, ce qui demandait beaucoup de temps et une concentration sans relâche. Aujourd’hui, les analystes se focalisent essentiellement sur les “refers”, c’est-à-dire les pierres que les machines automatiques classent comme « douteuses » et rejettent. Ces pierres nécessitent souvent une analyse plus poussée dite à “basse température”. Elles sont alors plongées dans de l’azote liquide (-196 °C) pour maximiser la résolution des spectres, ce qui permettra d’obtenir des résultats d’analyse plus précis. La moindre énergie laser alors impulsée au diamant à cette température très basse fera ressortir ses caractéristiques profondes, ce qui nous permettra ensuite d’émettre un jugement de naturalité » souligne Nastasia.

Partager pour avancer

Garantir et défendre la naturalité du diamant n’est pas seulement un défi de l’entreprise mais de tout un secteur. À terme, c’est la crédibilité de l’ensemble de la filière diamant qui est en jeu. Chez Rubel & Ménasché, les connaissances qui peuvent servir à tous et ainsi faire avancer l’ensemble de la profession doivent être partagées. Stephan Wolzok, le Président, y tient beaucoup et s’y engage personnellement.

Dans cet esprit, le laboratoire a mis en place une communauté de pratiques, alimentée par des échanges permanents avec de grands laboratoires européens. Avec son activité très importante (plusieurs centaines de milliers de diamants par mois) et son expertise du mêlé, la Maison est donc en première ligne pour partager et promouvoir ses connaissances.

Outre le temps dédié à l’analyse du diamant, le laboratoire se consacre également à la veille scientifique. « Notre milieu étant en perpétuelle évolution, nous nous tenons au courant de chaque découverte et ne négligeons aucune piste car toute nouvelle information est susceptible de faire évoluer nos connaissances et techniques d’analyses » conclut Nastasia.


Images : Rubel & Ménasché