De Beers met en œuvre une nouvelle série de mesures de réduction des coûts en amont de sa cession par Anglo American.
Londres – De Beers Group va engager une nouvelle phase de réduction de ses coûts, qui devrait entraîner des suppressions de postes à son siège de Londres ainsi qu’une suspension de deux ans de la production de la mine de Venetia, en Afrique du Sud.
Selon un communiqué diffusé lundi, De Beers prévoit de « reconfigurer son modèle opérationnel mondial » afin de recentrer ses activités sur ses métiers essentiels et de réduire ses coûts au niveau du siège.
Un porte-parole de De Beers a indiqué que cette réorganisation devrait se traduire par une réduction des effectifs, sans qu’il soit encore possible de préciser le nombre de postes concernés, ainsi que par le transfert de certaines fonctions du siège vers les opérations.
La majorité des salariés concernés sont basés à Londres et De Beers estime que ces changements toucheront un nombre « significatif » de postes.
Le même jour, De Beers a également annoncé son intention de suspendre pendant deux ans la production de la mine de Venetia, en Afrique du Sud.
Unique mine de diamant naturel encore exploitée par le groupe en Afrique du Sud, Venetia est entrée en production en 1992.
Initialement exploitée à ciel ouvert, la mine est passée à une exploitation souterraine en 2023 dans le cadre d’un projet de 2,2 milliards de dollars qui, une fois achevé, devait prolonger sa durée de vie au moins jusqu’en 2046.
De Beers a indiqué qu’il allait « rééchelonner ses dépenses d’investissement » consacrées au projet souterrain. Le groupe poursuivra le développement des infrastructures souterraines, mais réduira à court terme les capitaux qui y sont consacrés.
Le porte-parole de De Beers a précisé que cette suspension de deux ans de la production devrait entraîner des suppressions de postes « significatives » sur le site, tout en ajoutant que l’entreprise « s’efforcera d’offrir aux salariés concernés différentes formes d’accompagnement lors de leur départ de l’entreprise ».
Le groupe a également indiqué qu’il poursuivrait ses investissements en faveur des communautés locales ainsi que la mise en œuvre de son Social and Labour Plan pour la mine.
De Beers a précisé que ses prévisions de production pour 2026, comprises entre 21 et 26 millions de carats, demeuraient inchangées, la production des autres mines devant compenser l’arrêt de Venetia.
Cette suspension de deux ans fait suite à la décision prise plus tôt cette année de mettre en pause le projet d’extension Tuzo Phase 3 de la mine de Gahcho Kué, au Canada.
Venetia rejoint plusieurs autres mines de diamant qui ont interrompu leurs activités cette année dans un contexte de hausse des coûts d’exploitation et de faiblesse persistante des ventes de diamants bruts, en partie liée à la concurrence des diamants de synthèse, particulièrement pénalisante pour les diamants naturels de petites tailles.
En mars, Rio Tinto a extrait les derniers volumes de minerai de la mine de diamants de Diavik, au Canada, tandis que l’avenir d’une autre mine canadienne, Ekati, demeure incertain.
Storm Mountain Diamonds a placé la mine de Kao, au Lesotho, en régime de care and maintenance ce mois-ci, tandis que Petra Diamonds a annoncé en mai la mise en œuvre d’un plan de redressement pour la mine de Finsch, en Afrique du Sud.
Petra a commencé à réduire la production de cette mine dès le mois de juin.
« Conformément à notre engagement de renforcer la concentration de nos activités et de simplifier notre organisation, nous mettons en œuvre plusieurs changements au sein de De Beers afin d’accroître la résilience de l’entreprise à court terme, tout en soutenant la création de valeur sur le long terme », a déclaré le directeur général de De Beers, Al Cook, dans le communiqué.
« Nous sommes conscients que le secteur du diamant traverse une période prolongée de difficultés alors qu’il poursuit son évolution, mais nous sommes encouragés par les signes d’une progression de la demande des consommateurs aux États-Unis et sur d’autres marchés, en particulier pour les diamants de qualité supérieure. »
« L’offre mondiale de diamants bruts est en recul, ce qui apporte un soutien supplémentaire au marché. Les changements que nous apportons à notre entreprise visent à renforcer notre efficacité, aujourd’hui comme à l’avenir, afin de conforter la position de leader de De Beers. »
De Beers appartient au groupe minier Anglo American, qui avait officiellement annoncé en mai 2024 son intention de mettre en vente la société productrice de diamants.
Après plus de deux ans de processus, plusieurs éléments laissent penser que cette cession pourrait désormais intervenir prochainement.
Photo principale : Située en Afrique du Sud, la mine de Venetia est entrée en activité en 1992 et ele est passée à une exploitation souterraine en 2023. (© De Beers Group / Crédit photo : Ben Perry, Armoury Films)
Source : National Jeweler