Une épine dans le pied

Edahn Golan

La situation va s’aggraver, avant de s’améliorer. Après des semaines de contemplation méditative, on a appris la semaine dernière que quelque 600 diamants de laboratoire avaient été envoyés à l’IGI, non divulgués, pour y être évalués.
Malheureusement, l’affaire n’est pas isolée et bien d’autres marchandises de ce type circulent. Mercredi soir, Chaim Even-Zohar a publié d’autres détails troublants sur cette affaire dans Diamond Intelligence Briefs. Les 600 pierres étaient dissimulées dans un assortiment bien plus important proposé à la vente. Bien souvent, les diamants de laboratoire non divulgués sont de petites pierres, généralement  celles que l’on ne certifient pas. Cela signifie que les acheteurs ne sauront jamais que leurs plis contiennent des diamants de laboratoire .

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Ces marchandises sont serties sur des bijoux, en tant que pierres  d’accompagnement ou pavage. Plusieurs techniciens soupçonnent certains des diamants jaunes parmi les plus petits, qui sont sertis dans les bijoux, d’être des diamants de laboratoire non divulgués.

Chaim Even-Zohar va encore plus loin et accuse Su-Raj Diamond & Jewelry à New York d’avoir vendu les marchandises à la valeur du diamant naturel, sans divulguer qu’elles étaient issues d’une fabrication en laboratoire. Chaim Even-Zohar a mentionné que le centre de traitement de Gemesis à New York occupe les mêmes bureaux que Su-Raj New York et cite le PDG de Gemesis. Stephen Lux aurait indiqué que le centre est situé dans des locaux appartenant à Su-Raj NY.

La famille de Jatin R. Mehta, président de Su-Raj Diamond & Jewelry, détiendrait une participation de 50,01 % dans Gemesis États-Unis. Chaim Even-Zohar poursuit en mettant en évidence l’écart qui existe entre la production en usine et les recettes escomptées. Selon lui, si les chiffres sont exacts, une grande part de la production de Gemesis n’est pas prise en compte…

La semaine dernière, l’industrie était appelée à ne pas ignorer l’affaire. Avi Paz, le président de la World Federation of Diamond Bourses, convoque une réunion sur le sujet la semaine prochaine. Il veut rassembler les responsables des bourses, des syndicats et autres organismes de l’industrie pour agir rapidement et efficacement.

La Diamond Manufacturers & Importers Association of America a également répondu à l’appel. « Nous n’avons aucune crainte à ce sujet. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur cette question. Si nous le faisions, cela nous reviendrait en pleine face et les choses pourraient être encore pires », nous a expliqué Ronald Friedman, président de la DMIA, alors qu’il se préparait pour le salon de Las Vegas.

HRD Antwerp a rappelé aux intervenants que le marché a développé un dispositif portable, le D-Screen, qui permet de faire la différence entre les diamants naturels et ceux incolores ou quasi incolores qui pourraient avoir été fabriqusé en laboratoire. Le contrôle des marchandises doit devenir une routine tout aussi régulière que le brossage des dents.

Les réunions, déclarations et appareils de contrôle constituent des premières étapes importantes, mais il en faut plus. Bien plus. Si des vendeurs ont écoulé à dessein une large production de laboratoire à New York, sans en avertir les acheteurs, ils se sont rendus coupables de fraude.

Il ne reste plus désormais qu’à contacter le FBI pour exiger une enquête approfondie. Le but n’est pas de mettre les coupables en prison, mais plutôt de protéger les milliers de négociants innocents, transformés en criminels à leur insu lorsqu’ils vendent des matières synthétiques non divulguées à leurs clients.

L’industrie du diamant, qu’il soit naturel ou de laboratoire, pourrait ainsi s’ôter une belle épine du pied et continuer à travailler sans crainte de voir sa réputation ternie, voire de participer sans le vouloir à une activité criminelle.

Source Idexonline.com