Le NDC accuse Pandora de diffuser des informations inexactes sur l’empreinte carbone des diamants

Lenore Fedow

Le NDC accuse Pandora de diffuser des informations inexactes sur l’empreinte carbone des diamants

Le Natural Diamond Council estime, dans une lettre ouverte, que les déclarations de Pandora concernant l’empreinte carbone comparée des diamants de synthèse et des diamants naturels sont trompeuses.

Londres, Belgique — Le Natural Diamond Council (NDC) a publié jeudi une lettre adressée à Berta de Pablos-Barbier, directrice générale de Pandora, en réaction aux récentes déclarations du groupe sur les diamants naturels et les diamants de synthèse.

À l’occasion de la publication de ses résultats du premier trimestre mercredi, Pandora a annoncé vouloir ajouter un étiquetage de l’empreinte carbone à ses diamants de synthèse.

Selon le groupe, cette initiative permettra aux consommateurs de comparer l’impact climatique des diamants de synthèse et des diamants naturels. Pandora espère ainsi relancer les ventes de ses diamants de synthèse, actuellement en recul, en influençant les choix des consommateurs sensibles aux enjeux environnementaux.

Les ventes de diamants de synthèse de Pandora, qui représentent environ 1 % des ventes totales du groupe, ont reculé de 15 % au premier trimestre par rapport à la même période de l’année précédente.

Lors de la conférence téléphonique consacrée aux résultats financiers, Berta de Pablos-Barbier a déclaré que les diamants de synthèse commercialisés par Pandora présentaient des émissions carbone « inférieures de 90 % » à celles d’un diamant extrait de même taille.

Dans sa lettre, le NDC qualifie cette campagne de « nouvelle opération de communication décevante attaquant injustement l’industrie du diamant naturel afin de promouvoir les diamants synthétiques ».

Pandora avait déjà suscité de vives réactions dans le secteur en 2021 lorsqu’il avait annoncé remplacer les diamants naturels par des diamants de synthèse dans le cadre de sa stratégie axée sur la « durabilité », notamment parce que l’entreprise commercialisait alors très peu de diamants naturels.

« Ce discours trompeur a des conséquences réelles pour les dizaines de millions de personnes dans le monde qui dépendent de l’industrie du diamant naturel pour leur emploi, leurs revenus et le développement social », souligne le NDC.

Pandora n’avait pas répondu aux demandes de commentaires concernant cette lettre au moment de la publication de l’article.

Avant d’annoncer l’intégration d’un affichage des émissions carbone pour chaque diamant de synthèse, Pandora avait commandé une étude indépendante. Toutefois, la comparaison de réduction de 90 % s’appuie sur une étude commandée en 2019 par la Diamond Producers Association, prédécesseur du NDC.

Fait notable, cette étude utilisée par Pandora pour étayer son argumentaire avait été critiquée quelques années plus tard par Diamond Foundry, société spécialisée dans les diamants de synthèse. L’organisme américain National Advertising Division avait finalement demandé au NDC de revenir sur certaines affirmations en 2021.

« Malheureusement, ce type de rhétorique est devenu habituel chez Pandora », écrit le NDC dans sa lettre.

« Dans ce cas précis, l’entreprise compare l’empreinte carbone actuelle de l’un de ses produits à des données obsolètes datant, pour certaines, de 2013, attribuées de manière globale à l’ensemble de l’industrie du diamant naturel. Ces comparaisons sont inexactes et incompatibles avec les standards crédibles en matière de durabilité et de communication responsable. »

L’organisation reproche également à Pandora de ne pas distinguer deux catégories de produits qu’elle considère comme « fondamentalement différentes » : d’un côté, un produit pouvant être fabriqué en quantités illimitées ; de l’autre, une ressource naturelle finie.

« Comparer les deux uniquement sous l’angle de la valeur, de la signification ou de l’impact induit les consommateurs en erreur et alimente la désinformation », estime le NDC.

« Si Pandora souhaite réellement faire progresser les enjeux de durabilité et soutenir l’ensemble du secteur de la joaillerie, le Natural Diamond Council encourage l’entreprise à renouer un dialogue constructif au sein des instances professionnelles où les secteurs du diamant naturel et du diamant de synthèse travaillent conjointement au renforcement des pratiques environnementales et sociales responsables. »

Image principale : Collier en diamants de synthèse signé Pandora. Le Natural Diamond Council conteste les récentes déclarations de Pandora concernant l’empreinte carbone des diamants de synthèse comparée à celle des diamants naturels. Pandora

Source : The National Jeweler