Ce que JCK Las Vegas révèle de l’avenir du diamant

Isabelle Hossenlopp

Le troisième épisode du podcast mensuel Diamond Dudes (littéralement « La bande du diamant ») qui réunit les 3 grands experts, Avi Krawitz, Edahn Golan et Rob Bates, vient de paraître, livrant une analyse éclairante sur le salon JCK, grand rendez-vous annuel du secteur de la joaillerie et des pierres précieuses à Las Vegas.

Que faut-il en retenir ? Dans le podcast (lien ci-dessous), les 3 experts reviennent sur la mutation de l’industrie du diamant. Les principaux pays producteurs présents sur le salon comme le Botswana, l’Angola et la Namibie cherchent à jouer un rôle accru dans le secteur, qui ne se réduit plus à l’extraction (candidatures pour le rachat de De Beers, développement de programmes sociaux, création d’unités de transformation locales, dialogue avec les fabricants, les détaillants …). L’agrégation et la complémentarité des compétences, dont témoignent l’ambition de ces pays, sont devenues stratégiques pour aborder un marché qui évolue. C’est aussi le cas pour les groupes miniers, ainsi que nous l’expliquons dans notre article sur Dali Diamond Co, récemment reconfirmé comme sightholder de De Beers.

L’économie en K

L’édition 2026 du JCK Las Vegas est jugée comme l’une des meilleures. L’ambiance était marquée par l’optimisme avec une fréquentation élevée. De nombreux acheteurs sont venus pour passer des commandes et les résultats, dans l’ensemble, ont été plutôt positifs. Les 3 experts observent que lorsqu’un produit est bien positionné, avec une offre claire et un storytelling en phase avec les attentes du client, la demande est au rendez-vous.

Le cœur du débat a porté sur l’évolution du consommateur, de ses attentes et l’érosion de « middle market ». Les acheteurs dépensent plus mais les volumes diminuent, ce qui illustre bien la fameuse économie en K, très médiatisée en ce moment : les classes aisées continuent à dépenser (pierres de grosse taille, belles pièces, bijoux de créateurs) quand les classes moyennes sont soumises à de fortes pressions budgétaires (logement, prêts, inflation) et une indéniable incertitude quant à l’avenir.

Ces difficultés touchent les segments d’entrée et de milieu de gamme et surpassent la seule concurrence des diamants de synthèse. Le marché a donc tendance à se polariser entre deux extrêmes, le luxe et l’accessible. Le repositionnement de Signet en est une démonstration, avec d’un côté l’acquisition de Clear Cut pour sa crédibilité et sa notoriété auprès des acheteurs sélectifs de diamants et d’un autre, le maintien d’une offre de diamants synthétiques. Toutefois, les experts se questionnent sur la pertinence de ces choix. L’avenir devrait définir s’il les grandes enseignes de retail pourront maintenir la dichotomie de leur activité entre diamants naturel et diamants de synthèse.

La discussion est à retrouver dans son intégralité ICI.

Source : Edahn Golan