Surat, le centre de fabrication des diamants en Inde

| 7 February 2014

Surat, le centre de fabrication des diamants en Inde
"Surat, le centre de fabrication des diamants en Inde"

L’histoire du plus grand centre de taille de diamants au monde – 92% des diamants sont taillés à Surat.

De nombreux récits ont été racontés sur Surat au fil de l’histoire. La dernière en date explique comme cette ville, autrefois pittoresque, célèbre pour ses industries textiles, s’est désormais transformée en une ville animée, mondialement réputée pour son industrie de la taille des diamants.

Les anciens font toutefois remonter les débuts de cette activité à l’arrivée d’un entrepreneur de Surat, qui avait amené avec lui quelques tailleurs d’Afrique de l’Est, il y a plus d’un siècle, pour former des professionnels du diamant en Inde. Bien que cette industrie du diamant ait été créée aux environs de 1901, c’est beaucoup plus tard, aux environs des années 50, qu’elle a commencé à se développer lentement. Elle a cependant pris de l’ampleur dans les années 60, puis s’est accélérée dans les années 70. Les tailleurs ont en effet acquis la capacité de tailler des diamants bruts de qualité inférieure, que d’autres centres, comme Israël, Anvers, etc. ne voudraient pas. Le marché américain a également joué un rôle et s’est révélé être le plus grand débouché pour les petits diamants taillés à Surat.

À partir de là, aucun retour en arrière n’a été possible pour Surat, qui s’est retrouvée dans ce secteur dynamique et florissant, non seulement comme un important pourvoyeur d’emplois, mais aussi comme un contributeur aux recettes en devises, grâce aux exportations. Pendant cette période, on ne comptait plus le nombre de néo-millionnaires et milliardaires qui, heureusement, ne se sont pas reposés sur leurs lauriers. Des diamantaires florissants ont investi pour se développer encore et encore : passage à des pierres plus grosses, exportations massives menant à une présence d’ordre mondial, intégration verticale dans la fabrication de bijoux… Les travaux étaient à l’ordre du jour. Il était impossible de freiner ce secteur de la taille ; nous vivions le début d’une « nouvelle ère » pour l’industrie indienne. L’Inde a alors commencé à être reconnue comme le plus grand centre de taille de diamants au monde, en évolution constante…

« L’Inde a alors commencé à être reconnue comme le plus grand centre de taille de diamants au monde, en évolution constante. »

Aujourd’hui, Surat comporte de nombreuses usines de poids, équipées de machines sophistiquées et ultra-modernes. La ville emploie la technologie à un niveau égal, voire supérieur aux autres centres de taille de diamants dans le monde. On considère généralement que son passage à de plus grosses pierres, pour un tarif moindre, a entraîné la chute de l’industrie en Israël et à Anvers. Prompts à absorber les systèmes les plus récents dans leurs usines, les diamantaires indiens sont toujours à l’affût de nouveautés pour leurs processus de fabrication ou de formation de leurs travailleurs. C’est l’une des principales raisons de leur succès. Le secteur indien s’adapte au changement.

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Malheureusement, comme toute autre industrie, celle du diamant à Surat s’est embourbée dans les problèmes liés à la crise mondiale. En effet, dans les économies développées, l’activité a ralenti et l’impact a été dur pour les travailleurs. La pénurie de brut, la chute de la roupie, etc. ont aussi eu un effet négatif sur les usines et sur l’industrie dans son ensemble. Pourtant, l’industrie indienne est réputée pour sa résistance ; les observateurs du marché estiment qu’elle survivra, comme elle l’a toujours fait, en surmontant de nombreux obstacles.

On se souvient de l’époque, pas si joyeuse, où, dès octobre 2008, la ville de Surat présentait des perspectives plutôt négatives. La condition des travailleurs était devenue épouvantable. La gravité de la situation était telle que, pour la première fois dans l’histoire de Surat, l’industrie a dû demander aux fournisseurs de diamant brut de réduire les approvisionnements. De nombreux fabricants ont fermé boutique, sous l’emprise de leurs difficultés. Généralement, avant les fêtes, les négociants emmagasinaient de grandes quantités de diamants, en prévision des ventes futures. Or, face à la grave crise économique des États-Unis, la vente de diamants a chuté de 20 %. On le sait, l’Amérique est le plus grand marché au monde pour le diamant et achète la moitié du taillé produit. Dès lors, l’industrie de la taille à Surat a eu à subir de graves répercussions. Ses performances en ont pâti. En février 2009, l’exportation de diamants et de bijoux indiens a été réduite de 35 %, à 1,222 millions de dollars, contre 1,867 millions de dollars en février 2008. Sur les 700 000 travailleurs qualifiés attachés au secteur du diamant à Surat, plus de 250 000 ont été licenciés. Le segment a résisté à ces tempêtes, mais ce secteur, qui ne « veut pas mourir », a rapidement commencé à lutter pour son retour. Enfin, avec la reprise de la demande des États-Unis et d’autres marchés de consommation à l’étranger, le secteur était à nouveau sur pied, impatient de se confronter à la concurrence.

À ce jour, près de 10 000 unités de transformation et de négoce de diamants sont réparties dans l’État du Gujarat. La ville de Surat abrite à elle seule plus de 5 000 unités. Par ailleurs, les infrastructures de Surat se sont convenablement améliorées au fil des ans. La ville propose désormais un centre des congrès, d’envergure internationale. Bientôt, Surat disposera de zones économiques spéciales Diamond Park et Gems & Jewellery. Bien que Surat soit connue pour son activité de la taille, elle devient aussi rapidement un centre de fabrication de bijoux. La ville dispose de liaisons commodes en train et en avion depuis Mumbai, Jaipur et New Delhi. Il existe également une liaison aérienne depuis Calcutta, Chennai, Kochi et Coimbatore, via Mumbai. La SURSEZ (zone économique spéciale) se situe à 30 minutes de la ville de Surat, avec plus de 100 unités de fabrication de diamants et de bijoux. Actuellement, 92 % des diamants dans le monde sont taillés à Surat. La ville se développe rapidement et, d’ici 2020, elle devrait être la plus grande de l’État du Gujarat.

« Actuellement, 92 % des diamants dans le monde sont taillés à Surat. »

Les petits et moyens diamantaires de Surat sont actuellement confrontés à la flambée des prix du brut et à la faiblesse de la roupie. Il y a peu d’espoir de reprise avant 2018 environ, lorsque le taux global de production de brut augmentera de 4,8 % chaque année. Depuis janvier 2013, les prix du brut ont progressé par poussées, de 10 % à 15 %. Lorsque les diamants bruts arrivent sur le marché secondaire, les propriétaires de petites et moyennes unités doivent débourser un premium de 4 % à 5 %. Cela a lourdement affecté les propriétaires de petites et moyennes unités, qui n’obtiennent aucune rentabilité sur le taillé. Certaines parmi les petites auraient également fermé boutique, en attendant des temps meilleurs.surat-diamond-industry

Par ailleurs, l’Inde importe du brut, à hauteur de 11 milliards de dollars par an. Environ 80 % des diamants sont importés auprès de grandes sociétés d’extraction. Le reste provient d’Anvers. L’Inde est le plus grand centre au monde pour la taille des diamants, un secteur qui est appuyé par les politiques du gouvernement indien. Le secteur bancaire procure également près de 3 milliards de dollars de crédit à l’industrie indienne. Les unités de fabrication du pays, réputées pour tailler 11 diamants sur 12 dans le monde, bénéficient d’un chiffre d’affaires annuel fixé à environ 80 000 roupies de crore.

Cela dit, il est temps de considérer la position du secteur de la taille de Surat, car la production reprend après les vacances de Diwali. Certes, de grandes usines et d’autres unités étaient ouvertes pendant plusieurs jours, mais il semblerait que la fabrication n’ait pas tourné à pleine capacité. La plupart des travailleurs ne sont pas encore de retour de leurs villages. La pénurie de brut s’assouplit un peu, mais les marges semblent toujours échapper aux hommes d’affaires. Après la décision de l’UE de lever les sanctions sur ZMDC, les sociétés anversoises peuvent maintenant vendre à des fabricants en Inde et dans d’autres centres. Ce développement sur le « front du brut » a apporté un peu de joie aux Indiens. On dit que seuls les travailleurs du diamant à Surat auraient la compétence pour transformer des diamants du Zimbabwe, en raison de leur taille et de leur couleur. Ainsi, la plupart du brut qui serait importé par Anvers transitera par Surat pour y être taillé.

Les quelque 5 000 installations de fabrication, qui ponctuent les rues de Surat, ont toutes contribué à faire de la ville ce qu’elle est aujourd’hui.

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Source Rough and Polished

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