La semaine écoulée a été particulièrement mouvementée sur la scène internationale. La situation au Moyen-Orient soulève la question de l’impact potentiel d’un conflit avec l’Iran sur le marché du diamant, au-delà des perturbations des échanges à Dubaï et à Ramat Gan, deux places directement touchées par les attaques iraniennes.
Ces interruptions ne devraient pas, à court terme, déséquilibrer la dynamique immédiate entre l’offre et la demande de diamants. En revanche, les conséquences économiques plus larges du conflit appellent une attention particulière. Deux variables se détachent : les prix de l’énergie et le dollar américain.
Le prix du pétrole a franchi le seuil des 100 dollars le baril au cours du week-end, une première depuis 2022, dans un contexte de réduction de la production par les pays du Moyen-Orient et d’interruption quasi totale du trafic dans le détroit d’Ormuz, axe stratégique majeur pour l’approvisionnement mondial en pétrole.
La hausse des prix de l’énergie alimente l’inflation, renchérissant les coûts d’extraction, de fabrication et de transport. Elle exerce ainsi une pression accrue sur les marges des acteurs du midstream et du downstream, tout en pesant sur le pouvoir d’achat des ménages. L’augmentation simultanée du coût des opérations et du coût de la vie finit par affecter la consommation, en particulier pour les biens discrétionnaires tels que la joaillerie en diamant.
Parallèlement, les chocs géopolitiques tendent à renforcer le dollar américain, les investisseurs se tournant vers des actifs refuges. Or, les diamants étant libellés en dollars à l’échelle mondiale, l’appréciation de la devise renchérit mécaniquement les prix pour les acheteurs opérant dans d’autres zones monétaires. Cette évolution est susceptible de peser sur la demande de diamants taillés, même si l’intérêt des consommateurs demeure.
Le secteur du luxe suit également l’évolution de la situation avec attention. Le Moyen-Orient s’est imposé comme un marché clé pour la joaillerie et l’horlogerie haut de gamme, porté à la fois par la richesse locale et par le tourisme, notamment dans des hubs comme Dubaï. Un conflit prolongé, susceptible de perturber les flux de voyageurs ou d’affaiblir la consommation régionale, pourrait avoir des répercussions sur les ventes de produits de luxe, en particulier pour les pièces de grande valeur, dont les acheteurs du Golfe constituent une part significative.
L’industrie a déjà été confrontée à ce type de configuration. Lorsque les prix de l’énergie augmentent, que les devises se déprécient face au dollar et que l’inflation s’accélère, les détaillants constatent généralement un ralentissement de la fréquentation, tandis que les consommateurs arbitrent à la baisse, en se tournant vers des diamants de plus petite taille ou en différant leurs achats. Cette pression se répercute ensuite tout au long de la chaîne de valeur, assèchant les liquidités du midstream et incitant les fabricants à davantage de prudence dans leurs achats de brut.
À ce stade, les perturbations directes des échanges demeurent maîtrisables. Le principal risque réside dans la durée du conflit et dans le risque d’un ralentissement économique plus global. Si les prix de l’énergie restent durablement élevés et que les marchés financiers deviennent plus volatils, le secteur diamantaire pourrait en ressentir les effets à travers une contraction de la demande en joaillerie si le conflit venait à s’inscrire dans le temps.
Image : le président Donald Trump. (Crédit : The White House)
Pressing Matters.
Source : The Diamond Press