DiaDNA : la traçabilité absolue ?

Isabelle Hossenlopp

Mayank Jain, CEO de DiaDNA, est interviewé pour le Rapaport Diamond Podcast par Joshua Freedman au sujet de la nouvelle technologie de traçabilité qu’il a mise sur le marché. Cette innovation majeure, qui répond à une préoccupation clé du secteur, pourrait bien changer la transparence sur l’origine des diamants.

Analyser la structure atomique du diamant

DiaDNA développe une technologie entièrement automatisée, basée sur le « machine learning » capable d’authentifier un diamant en se basant sur sa structure à l’échelle atomique. Car l’enjeu est de taille, les pierres pouvant être frauduleusement substituées pendant leur parcours, qui dure plusieurs semaines et fait intervenir toute une série d’intermédiaires. L’entreprise repose sur une collaboration entre plusieurs acteurs, en particulier deux grands groupes diamantaires qui ont contribué à la collecte et la fourniture de millions de données (55 millions à ce jour) nécessaires à l’entrainement des modèles (machine learning).

La technologie de DiaDNA se distingue des méthodes traditionnelles. Au lieu d’analyser la présence physique des inclusions, DiaDNA étudie la structure atomique du diamant, notamment la répartition d’éléments comme l’azote et le bore dans le réseau cristallin, qui constitue une « signature » unique comme un ADN. Celle-ci perdure après les opérations de taille, ce qui permet d’établir un lien fiable entre le diamant brut et le diamant poli. Le scan du diamant taillé issu de ce brut sera ensuite comparé à celui du brut d’origine, la structure atomique devant être parfaitement identique.

Contourner l’erreur humaine

Avantage non négligeable, l’automatisation du process permet d’échapper à l’erreur humaine, garantissant une chaîne d’approvisionnement plus fiable. L’analyse réalisée par DiaDNA est couplée avec l’utilisation de l’intelligence artificielle. A ce jour, c’est la seule solution qui automatise l’ensemble du process, la capture des données et la restitution des résultats, sans observation humaine et donc sans risque d’interprétation erronée. Les résultats restent inconnus de l’opérateur qui manipule les pierres, pour éviter toute tentation de substitution ou de fraude. Le GIA a mené ses propres tests sur la technologie de Mayank Jain et les résultats ont montré une précision de 96%, bien supérieure aux autres méthodes utilisées dans la profession même s’il reste une marge d’amélioration.

Quel champ d’application pour DiaDNA ?

L’avenir montrera si cette technologie révolutionnaire pourra être étendue, en amont, à la mine, afin d’analyser la structure atomique de la pierre dès la source, et en aval, pour observer un diamant monté ou sécuriser les achats d’occasion et les retours de marchandise.

DiaDNA pourrait également détecter les traitements et modifications apportées par l’homme au diamant, qui altéreraient la « signature » atomique. De très nombreux centres névralgiques du diamant seront intéressés, à Anvers, Surat, Dubaï, Hong Kong…

Bien que le modèle connaisse encore certaines limites, DiaDNA pourrait bien apporter une innovation majeure dans la traçabilité du diamant sur l’ensemble de la chaîne, renforçant la transparence et confortant la confiance des partenaires comme des clients.

Le podcast est à écouter en entier ICI

Source : Rapaport