Rapport sur le marché du mois de février : la stabilité, une raison d’être optimiste

| 4 April 2013

Rapport sur le marché du mois de février : la stabilité, une raison d’être optimiste
"Rapport sur le marché du mois de février : la stabilité, une raison d’être optimiste"

Les professionnels se montrent tellement réservés et prudents dans leurs évaluations du marché que c’est comme s’ils avaient peur de « porter malheur ».En tout cas, la plupart des experts qui évoquent le mois de février tentent d’éviter les adjectifs positifs. Pourtant, selon moi, il n’y a aucune raison. Les mois de janvier et février donnent de véritables motifs d’être optimiste, même s’il faut rester prudent.

Les statistiques du AWDC montrent une reprise progressive des échanges. Les exportations de la Belgique, en février, ont augmenté de 6 % en valeur par rapport à janvier (pour atteindre 1,121 milliard de dollars). Pourtant, les chiffres ont baissé en carats. Les prix moyens à l’exportation ont progressé de 12,5 %, à 149,7 dollars/ct.

Évolution des prix moyens à l’exportation en Belgique ($/ct) :

Bien sûr, le prix moyen à l’exportation donne la « température moyenne des patients d’un hôpital ». Il dépend trop de la prédominance de certaines marchandises dans les assortiments pour être vraiment exploitable. Le graphique ci-dessus montre clairement que les prix du brut dépassent désormais nettement ceux de l’année dernière. Ils se dirigent déjà vers les hauteurs atteintes en 2012.

L’essor des prix moyens n’est pas uniquement dû aux activités des producteurs de brut. Il dépend également d’une progression du marché secondaire et des rapports entre négociants et tailleurs.

En février, la De Beers a vendu entre 500 et 550 millions de dollars de brut. Selon diverses estimations, les prix des boîtes ont augmenté de 7,2 %. La hausse est principalement liée à l’ajustement de la gamme et de la qualité des pierres. Un tel changement a été accueilli avec plaisir. Les boîtes de la De Beers se négocient donc une fois de plus avec un premium d’environ 5 % sur le marché secondaire (et jusqu’à 8 % pour les petites marchandises).

Des initiés du marché estiment qu’en février, les ventes d’ALROSA ont atteint les 400 millions de dollars. Une légère augmentation des prix a également été notée.

Des informations contradictoires circulent sur les ventes de BHP Billiton. Selon certaines sources, les prix moyens ont reculé de 3,5 %, selon d’autres, ils seraient en hausse de 5 %. Gem Diamonds a proposé son brut aux enchères en février à des prix supérieurs de 2 % en moyenne.

Les acteurs du marché s’accordent sur une chose : les transactions de brut sur le marché secondaire ont recommencé à générer des profits. Cette tendance, soulignée en janvier, peut apparaître comme le signe positif d’une reprise progressive. Pendant longtemps, les prix du brut étaient bien supérieurs aux capacités financières des diamantaires. Résultat, au second semestre 2012, les fabricants ont dû revendre à perte les résidus de leurs boîtes. S’ils profitent actuellement de premiums, le marché pourrait bien repartir dans un proche avenir.

Malgré tout, une certaine inquiétude demeure. La situation pourrait en effet être due à une nouvelle série de spéculations. Les professionnels se méfient du fait que la hausse des prix du brut intervienne alors même que ceux du taillé restent stables. Selon leurs estimations, la fabrication continue de connaître des améliorations des marges. Or, si les prix du taillé ne commencent pas à augmenter, les choses pourraient replonger vers la même impasse qu’en 2012.

Toutefois, les mesures du AWDC montrent une tendance générale positive pour les prix du taillé. En février, la Belgique a exporté à un prix avoisinant les 2,127 dollars/ct, en hausse en moyenne de 13,3 %.

Prix moyens à l’exportation en Belgique ($/ct) :

Selon des experts, les négociants ont fortement réduit leurs stocks, en les cédant à bas prix. Désormais, ils vendent généralement le taillé à des prix supérieurs. D’une part, ils tentent de compenser la hausse des prix du brut et, d’autre part, ils entendent préserver la corrélation entre les prix du brut et ceux du taillé.

Il existe un espoir que le récent salon de Hong Kong donne une impulsion positive au commerce du taillé. Les négociants se montrent également prudents face à ces résultats. Ils affirment toutefois avoir constaté une nette augmentation de l’activité des acheteurs et des vendeurs, notamment pour le taillé de grosseur moindre.

Ces deux dernières semaines, j’ai souvent entendu dire que le marché est toujours dans l’impasse, qu’aucun « événement marquant » ne viendra changer la situation à court terme. Or, dans les circonstances actuelles, ce genre d’évolution, ordonnée et progressive, pourrait bien être considérée comme la meilleure solution pour le marché. Il est plus facile de s’adapter à des transformations graduelles lorsque l’on vend du brut ou qu’on l’achète pour le tailler et le polir.

Source Rough & Polished

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