Rapport sur le marché de novembre : deuxième mois de stabilisation

| 24 June 2015

Rapport sur le marché de novembre : deuxième mois de stabilisation
"Rapport sur le marché de novembre : deuxième mois de stabilisation"

Nous avons une nouvelle fois décidé de retarder cette étude du marché pour novembre, dans l’attente des résultats des exportations et des importations de Belgique, et ce pour éviter des conjectures sans fondement. Et nous avons bien fait. La stabilisation du marché constatée en octobre se poursuit, comme le montrent les statistiques et les activités des commerçants.

Les prix du brut

Selon les données publiées par le AWDC, la Belgique a importé en novembre 7,9 millions de carats de brut, d’une valeur de 1,1 milliard de dollars. Ces chiffres traduisent le prix moyen des importations en Belgique, soit 139,4 dollars/carat.

Les prix du brut importé ont augmenté de 16,8 % par rapport à octobre. Toutefois, cela ne prouve pas réellement la hausse des prix. En termes de volume, les disponibilités totales ont baissé de près de deux millions de carats par rapport au mois dernier mais les prix sont restés quasiment stables. Selon toute vraisemblance, la hausse des prix est due au réaménagement de la gamme de produits entrant en Belgique. Cette théorie est généralement confirmée par les acteurs du marché, qui ont constaté en novembre une période d’échanges prospères pour les pierres de grosseur supérieure à Anvers.

Les exportations de brut de la Belgique ont reproduit le même modèle. En termes de valeur, elles se sont élevées à 1 milliard de dollars, en baisse de 16 %, tandis qu’en volume, elles ont reculé de près de 30 %, à 7,2 millions de carats. Le prix moyen à l’exportation a également augmenté de 17 % (soit environ le même montant de 20 dollars/carats) par rapport à octobre, à 145 dollars/carat.

Comme nous l’avons déjà noté, les prix des importations de brut en Belgique correspondent aux principaux prix de vente proposés par les sociétés minières. Les prix à l’exportation du brut de Belgique traduisent les tarifs payés au final par les fabricants. La comparaison de ces évolutions tarifaires en novembre laisse de la place à l’optimisme.

Au cours de l’année, les prix moyens des producteurs de brut restent plus élévés que les prix d’achat de brut payés par les fabricants (bien sûr, il ne s’agit ici que des prix moyens, car la situation diffère selon la catégorie de brut). Cet écart était parfois minime, parfois ostentatoire. Les intervenants sur le marché ont d’ailleurs pointé cette situation à plusieurs reprises, rappelant que le brut de la De Beers et d’ALROSA se revendait avec une remise, provoquant la grogne des fabricants soumis à une crise des liquidités.

Les statistiques publiées par le AWDC en novembre montrent que les prix du brut proposés par les producteurs sont conformes aux prix que les diamantaires sont prêts à payer pour le deuxième mois consécutif. Bien sûr, pour oser parler de reprise, il faudra attendre encore au moins deux mois. Mais la situation est déjà prometteuse.

Notons également que les prix à l’exportation du brut de Belgique sont supérieurs aux prix à l’importation (d’environ 4 %) pour le deuxième mois consécutif. Le négoce recommence donc à générer des bénéfices.

L’évolution des prix du taillé montre une tendance tout aussi profitable. Si l’on compare les indices des prix du brut et du taillé (en prenant comme référence le début de l’année), on voit que les prix suivent une même direction.

Que nous réserve décembre ?

Le mois dernier, les médias ont publié de nombreux commentaires de différents experts, à la teneur à peu près similaire.


Il s’agissait d’appels adressés aux miniers pour soutenir l’industrie de la taille, annonçant également que le temps viendra où il n’y aura tout simplement plus personne pour tailler les diamants. Leurs auteurs font valoir que l’activité de la taille souffre également des prix élevés, le brut étant plus cher que le taillé qui en est issu, et de la baisse constante des prix au fil des mois, sur fond de saturation du marché.

Malgré l’émotivité excessive qui ressort de ces appels, il s’en dégage un certain accent de vérité.

Si le marché se maintient encore quelques mois, nous pourrions assister à une croissance progressive. Selon certains intervenants, les prix du brut sont déjà suffisamment bons pour les diamantaires et généralement en phase avec ceux du taillé. Cependant, la plupart des diamantaires continuent de rencontrer des difficultés au niveau des prêts, leur activité est donc désormais plus axée sur la réalisation de leur chiffre d’affaires mensuel (pour le présenter à leurs banques). Grâce à la stabilité de leur environnement, les fabricants trouvent beaucoup plus facile de s’adapter aux fluctuations de prix pour retrouver peu à peu des bénéfices. Ainsi, leur chiffre d’affaires va progressivement augmenter, favorisant les achats de brut et la fabrication.

Mais, encore une fois, cela ne se fera que si le marché reste stable pendant un certain temps.

D’après certaines conversations avec des diamantaires, beaucoup semblent très préoccupés par le dernier sight de la De Beers de cette année. Ils expliquent le montant plus élevé que prévu de celui de septembre par la nécessité de la société d’afficher de bons résultats pour le troisième trimestre fiscal. Décembre termine le quatrième trimestre, qui n’a pas non plus été très favorable pour Anglo American. Par conséquent, beaucoup font preuve d’une réticence facilement compréhensible sur une éventuelle récidive.

ALROSA et la De Beers disposent de quantités relativement importantes de brut invendu et ont pris du retard par rapport au planning des ventes de l’an dernier. Lors d’une récente conférence téléphonique, la direction d’ALROSA a déclaré qu’à l’heure actuelle la société a cumulé des stocks à hauteur de 20 % de sa production annuelle, soit environ 6 à 7 millions de carats. Bien entendu, les représentants de la société ont assuré qu’ALROSA mettrait ces stocks en vente au coup par coup, en surveillant attentivement le marché. Mais à une époque où tous les acteurs du marché se montrent extrêmement tendus, les mots seuls ne suffisent pas à les calmer.

ALROSA a considérablement réduit ses ventes de brut par carat au troisième trimestre. Or, après cela, la société a ajusté ses prix à la demande, ce qui, d’après la direction, a permis de retrouver les précédents niveaux de vente en termes de volume.

Lors de notre dernier article, nous avons déjà insisté sur la nécessité pour les producteurs de s’arrêter pendant un certain temps au niveau atteint. La correction des prix a déjà provoqué une augmentation des activités sur le marché. Si, désormais, ils continuent de baisser parallèlement à la hausse des ventes de marchandises en volume, les fabricants seront peut-être vraiment aptes à faire face à de nouveaux défis financiers.

Bien entendu, la quantité de taillé produit ne dépend pas seulement de la volonté des fabricants, elle est aussi fonction de la demande. Or, jusqu’à présent, les prévisions de la demande semblent optimistes pour le court et le long terme. La De Beers prévoit une augmentation des ventes en Chine de 11 % et de 4 % aux États-Unis en 2012. Ces chiffres sont loin des résultats élevés de l’an dernier mais indiquent néanmoins une croissance, et non un déclin. À long terme, la demande va progresser, principalement en raison de la croissance de la classe moyenne dans les économies émergentes.

Source Rough&Polished

Haut de page