Les gemmologues survivront-ils à l’automatisation ?

| 6 August 2019

Les gemmologues survivront-ils à l’automatisation ?
"Les gemmologues survivront-ils à l’automatisation ?"

Étant donné le boom technologique qui dessine actuellement l’industrie diamantaire, un nombre croissant de sociétés mettent au défi les laboratoires de certification, prétendant que l’évaluation des 4C ne doit pas être une science subjective.

« Dans 5 à 10 ans, la certification des diamants ne sera plus réalisée par des gemmologues, a prétendu Haim Volner, propriétaire de Shirtal Diamonds, dont la filiale Shirtal DiaCam développe une solution automatisée pour la certification. Avec les progrès de l’intelligence artificielle (IA) et de l’apprentissage profond, les ordinateurs vont faire tout le travail. »

DiaCam s’est associée à Matrix, un prestataire de services logiciels en Israël, afin d’analyser les images de diamants prises par le système DiaCam360 — une technologie qui produit une vue du diamant à 360 degrés.

L’exploitation de sa base de données, constituée de « centaines de milliers » d’images, permet à la plate-forme d’apprendre à certifier les pierres, a expliqué Haim Volner dans un récent entretien lors du salon JCK Las Vegas.

Par rapport aux résultats d’une certification par le Gemological Institute of America (GIA), DiaCam360 a montré une précision de 90 % dans l’évaluation de la couleur de la pierre. DiaCam pense pouvoir dépasser les 95 % en apportant des ajustements mineurs après les premiers essais, a noté Lior Hirsh, le directeur opérationnel de DiaCam, à qui revient le mérite d’avoir développé ce concept.

Grâce à ses techniques d’apprentissage profond, la société mène une analyse similaire pour déterminer la pureté. Elle recherche des investisseurs stratégiques pour l’aider à commercialiser le service et faire passer le projet à l’étape suivante.

Les deux sont nécessaires

D’autres s’attaquent également à l’automatisation dans la certification, admettant que la couleur et la pureté représentent les plus grosses difficultés puisque la taille, la forme et le poids-carat ont des mesures plus normalisées.

Sarine Technologies a développé des machines capables de déterminer la couleur et la pureté d’un diamant, sur la base de son concept de « répétabilité et de précision », le tout à partir de l’analyse de dizaines de milliers de pierres, a expliqué la société.

Parallèlement, De Beers et le GIA ont souligné qu’il était important d’appuyer l’emploi des équipements technologiques par les compétences et l’analyse de leurs experts en certification.

« Certes, nous possédons l’équipement ayant la capacité de certifier automatiquement la couleur, la pureté et les carats, mais il faut se souvenir que tous les diamants naturels sont uniques et qu’il y aura donc toujours des pierres nécessitant une analyse plus poussée de la part d’un spécialiste de la certification », a expliqué Jonathan Kendall, président de De Beers Group Institute of Diamonds, qui supervise l’activité de certification de la société. « Ces spécialistes sont non seulement indispensables pour certifier certaines pierres, mais aussi pour développer un équipement qui soit extrêmement précis. »

De la même façon, les standards établis dans le système de certification international du GIA trouvent leur efficacité maximum lorsqu’ils associent des instruments et des certificateurs expérimentés qui appliquent ces standards chaque jour, a souligné Tom Moses, le vice-président exécutif et directeur du laboratoire et de la recherche du GIA.

Le GIA applique ses compétences à l’automatisation de la certification dans certaines catégories. Ainsi, son service d’analyse du mêlé sépare automatiquement le mêlé naturel de possibles synthétiques et imitations et trie les diamants naturels par couleur, a expliqué le laboratoire. L’année dernière, le GIA a entamé une collaboration avec IBM pour tester une application logicielle du géant technologique à l’aide de l’IA, afin de prédire les grades de pureté.

Haim Volner estime que DiaCam est différent, car la société n’affiche aucune ambition de devenir un laboratoire. Il pense plutôt que les laboratoires utiliseront la technologie pour fournir des résultats de certification précis et plus cohérents qu’un gemmologue, « susceptible de commettre une erreur humaine ». La technologie peut aussi être utilisée par les fabricants, négociants ou joailliers pour aboutir à une évaluation rapide et économique du diamant, compatible avec un rapport de certification, a laissé entendre la société.

« L’idée n’est pas nécessairement de remplacer les laboratoires, a expliqué Haim Volner. Mais la technologie offre aux sociétés l’accès à un gemmologue dans une machine. Une telle automatisation élimine l’erreur humaine, économise temps et argent et améliore l’efficacité. »

Lab-grading

Source Rapaport

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