« Avec la DDI, nous pouvons construire une industrie diamantaire durable ! » – Élodie Daguzan, Rubel & Ménasché, ambassadrice de bonne volonté de la DDI

| 31 May 2018

« Avec la DDI, nous pouvons construire une industrie diamantaire durable ! » – Élodie Daguzan, Rubel & Ménasché, ambassadrice de bonne volonté de la DDI
"« Avec la DDI, nous pouvons construire une industrie diamantaire durable ! » – Élodie Daguzan, Rubel & Ménasché, ambassadrice de bonne volonté de la DDI"

Les 27 et 28 avril, se tenait, à Ottawa, l’assemblée générale annuelle de la DDI – l’Initiative Diamant et Développement. Élodie Daguzan, nouvelle ambassadrice de bonne volonté de la DDI et responsable de la communication pour le diamantaire parisien Rubel & Ménasché, a eu le plaisir d’assister à cette AGA. Objectif : comprendre toujours mieux le travail, l’implication et les engagements sur le terrain de la DDI, pour mieux porter son message auprès de l’industrie.

Fondée en 2005, l’Initiative Diamant et Développement est une association qui agit pour transformer le secteur de l’exploitation minière artisanale (ASM). L’ASM représente 20 % des diamants qualité gemme produits au monde. L’objectif est double : recenser, aider et protéger les miniers artisanaux (et leurs familles) qui exercent leur métier dans des conditions de grande précarité ; mais, également, faire que ce secteur soit reconnu, organisé, formalisé et devienne une source éthique et durable en termes d’approvisionnement en diamants. Les actions sur le terrain de la DDI se concentrent beaucoup en Sierra Leone et en RDC, mais les besoins sont énormes. La DDI travaille notamment en étroite collaboration avec le KP ; elle est ainsi en charge de l’assistance technique pour le Processus de Kimberley depuis 2014.

Mi-avril, la DDI est apparue sur le devant de la scène grâce à son projet commun avec De Beers : GemFair. Le projet pilote GemFair vise à mettre en œuvre une technologie dédiée pour répertorier les sites ASM certifiés selon les standards de la DDI, Maendeleo Diamond Standards. Ainsi, via cette technologie, on pourrait commercialiser en toute quiétude et remonter, en toute transparence, le parcours d’un diamant issu de l’ASM, depuis le détaillant qui le vend jusqu’à son origine minière artisanale. Un projet en phase avec les principes et nécessités d’innovation et les besoins actuels de l’industrie du diamant, tant en matière de RSE que de développement durable…

Sans autre forme de préambule, retour, avec Élodie Daguzan sur l’AGA de la semaine dernière et son implication au sein de Rubel & Ménasché pour promouvoir les actions de la DDI.

Élodie Daguzan, pourquoi était-ce important pour vous et Rubel & Ménasché d’accepter ce poste de première ambassadrice de bonne volonté de la DDI ?

C’est une volonté de notre maison de collaborer plus avant avec la DDI.

Il faut bien comprendre que, même si je suis sensible à ce sujet et que Rubel & Ménasché soutient la DDI depuis 2012, nous travaillons à l’opposé du secteur de l’exploitation minière artisanale. L’environnement de travail immédiat de Rubel & Ménasché, à Paris, est constitué des grandes maisons de haute joaillerie. Mais celles-ci sont très sensibles au risque de réputation. Agir sur l’ASM pour limiter ce risque, cette partie fragilisée du pipeline, est, certes, de notre responsabilité ; mais c’est aussi nécessaire pour tous les acteurs.

Il nous importe également de créer un lien, d’être un pont, un facilitateur entre ces deux parties totalement opposées de la chaîne : l’ASM d’un côté, les grands joailliers de l’autre. Ces derniers se donnent d’ailleurs les moyens d’être au fait des problématiques de l’industrie diamantaire, l’ASM doit donc être portée à leur intérêt.

J’ajouterais que cette profession est une passion pour moi et que j’ai à cœur de la protéger et de servir mon industrie. En ayant un impact, aussi petit soit-il, sur la stabilité de l’environnement commercial de l’industrie diamantaire, je sers également mieux mon entreprise.

Enfin, Rubel & Ménasché a décidé (le site d’information existe depuis 2012 N.D.L.R.) d’être une fenêtre sur l’industrie du diamant, d’aller au-delà du service et du conseil au client en participant à une meilleure compréhension de l’industrie. Mieux comprendre l’ASM participe de cette démarche.

Comment comptez-vous mener à bien cette mission pour la DDI ?

J’ai évidemment, compte tenu de mon expérience, une connaissance certaine des codes de mon secteur et je comprends l’univers de la haute joaillerie. Nous pourrons donc informer nos partenaires joailliers sur l’ASM en nous appuyant sur le board de la DDI.

Lors de l’AGA de la DDI il y a une semaine, j’ai rencontré des gens passionnants aux parcours variés : vétérans de l’industrie diamantaire, experte en marketing, anciens du gouvernement du Canada, chercheurs et enseignants. J’ai, à leur côté, pu comprendre les différents enjeux et problématiques que peut, par exemple, avoir le climat politique de chaque pays concerné (la stabilité ou l’instabilité des gouvernements locaux importe beaucoup) sur le travail de la DDI, la maîtrise des droits de l’Homme, le sourcing des minéraux dans les zones à haut risque de conflit, etc.

Avec ces connaissances, Rubel & Ménasché va pouvoir « porter la bonne parole » ; mais une parole juste, honnête et exacte. Je veux trouver le moyen de rendre compréhensible instantanément la problématique de l’ASM et l’urgence d’agir. Le gain sera réciproque pour la DDI et l’ASM d’un côté, les grands joailliers de l’autre.

À titre personnel, j’irais plus loin. Il me semble que notre industrie est arrivée à un stade critique dans un sens positif. Elle se questionne, est prête à collaborer, les différentes parties prenantes sont à l’écoute les unes des autres et ont compris qu’elles devaient travailler de concert. Le développement durable commence par la longévité des entreprises et de cette industrie qui fait vivre des millions de gens. L’ASM est pour nous, aujourd’hui, un enjeu de responsabilité collective.

Vous venez donc d’assister à l’AGA de la DDI. Qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur ou vous a particulièrement marquée dans les actions entreprises par celle-ci ?

Je viens de mesurer combien le travail de la DDI est titanesque sur le terrain rien que d’un point de vue géographique (lire l’article d’Edahn Golan, mars 2018 : RDC : 3 % des creuseurs artisans sont des femmes N.D.L.R.) ! Les distances sont telles que recenser les creuseurs et réussir à construire une base de données fiable est déjà incroyable et n’a pas de prix. Il semble également si difficile de convaincre les gouvernements locaux de prendre en compte ce secteur…

Il est important de mettre l’accent sur le projet GemFair, particulièrement innovant. La De Beers prend un pari d’envergure en tentant d’inclure l’ASM dans l’industrie, en collaboration avec la DDI, qui maîtrise ce sujet mieux que personne.

J’ajouterais que j’ai été impressionnée par la passion, les connaissances et l’intelligence de Dorothée Gizenga, directrice exécutive de la DDI.

Et par Ian Smillie, son président, qui fait preuve d’un vrai leadership et d’une grande volonté et honnêteté dans son désir d’améliorer le travail sur le terrain de la DDI, en tirant partie de ses échecs. Pour Ian Smillie, la mission de la DDI est de construire un modèle concret, pérenne et reproductible à grande échelle pour que les gens puissent le dupliquer là où c’est nécessaire. Un vrai outil de développement concret !

Source Rubel & Ménasché

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