8 sujets, tendances et innovations au cœur de l’industrie de la joaillerie en 2018

| 18 January 2018

8 sujets, tendances et innovations au cœur de l’industrie de la joaillerie en 2018
"8 sujets, tendances et innovations au cœur de l’industrie de la joaillerie en 2018"

1 / Nouvelle génération

Nous vivons à l’ère de la génération Y. Mais combien de temps faudra-t-il avant que la suivante ne prenne le pouvoir ? La jeune génération américaine, la génération Z, débarque avec son lot d’originalités – et de défis. Peut-être ces tout jeunes – les plus vieux n’ont que 21 ans – n’ont-ils pas encore de pouvoir d’achat mais ils dictent déjà des tendances au marché. (Illustration parfaite : la marque de bijoux Ippolita collabore avec Kendall Jenner, la reine d’Instagram.) N’ayant jamais vécu sans Internet, ils sont addicts aux réseaux sociaux. Pour les toucher, vous devrez l’être aussi. N’oubliez pas que les filtres très sélectifs de la génération Z et leur soi-disant capacité d’attention de huit secondes sont étendus. Regardez le monde à travers leurs yeux obsédés par les écrans – et faites preuve de réactivité. Brittany Siminitz

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2 / En alignement

Du nouveau ? Certainement pas. Mais une perle de pierre renferme une sorte de simplicité ancrée fermement dans la mémoire collective des bijoux. Dès la préhistoire, les perles étaient utilisées comme des accessoires marquants et des supports pour raconter des histoires – chargés de motifs travaillés minutieusement. Il est intéressant de noter que les nouveaux bijoux faits de perles et prévus pour 2018 sont plutôt simples comparés aux styles sophistiqués qu’appréciaient les pharaons et les chefs Cherokee. Certains créateurs, comme Irene Neuwirth, marquent des points avec des brins minimalistes, faits d’opale, de chrysoprase ou de turquoise, destinés à être superposés, tandis que d’autres, comme Shamballa Jewels, Luis Morais et Anthony Lent, attirent les messieurs à la mode avec d’élégants bracelets enveloppants. Laissez-vous gagner par les perles ! Randi Molofsky

3 / Retail 3.0

Les consommateurs sont de moins en moins réticents à acheter de la joaillerie et des montres haut-de-gamme en ligne. Cette nouvelle réalité devrait redessiner le profil du retail des bijoux. Portés par les contributions du capital-risque, des détaillants monomarques, comme AUrate et Vrai & Oro, attirent les jeunes consommateurs avec des collections tendance, minutieusement réalisées. Parallèlement, les détaillants du luxe d’occasion sur Internet, comme The RealReal, étendent leur emprise aussi bien en ligne que grâce à des boutiques traditionnelles. Quant aux détaillants classiques qui espèrent prospérer en 2018 et au-delà, ils pourraient prendre exemple sur Govberg Jewelers à Philadelphie qui applique toute la panoplie des services (applis, vidéos, réseaux sociaux et bons vieux face à face dans les boutiques). Danny Govberg, le PDG de Quips, a expliqué : « Nous sommes une start-up qui existe depuis 101 ans. » —Emili Vesilind

4 / Nom d’un diamant !

En rachetant à LVMH sa part dans De Beers Diamond Jewellers en mars, De Beers s’est offert bien plus qu’un groupe de boutiques. Le géant minier a ainsi recueilli tous les droits sur son propre nom ; jusqu’à présent, la société était limitée dans l’emploi commercial qu’elle pouvait faire de ce nom si connu. Préparez-vous maintenant à ce qu’elle en fasse usage. Pensons par exemple à son laboratoire appelé l’International Institute of Diamond Grading & Research – n’ayons pas peur de le dire, cette appellation n’est pas du meilleur effet. Un nom plus logique ? De Beers Lab. Vous pouvez vous attendre à ce que cette structure et de nombreux autres services portent désormais la signature de la société.Rob Bates

5 / À la réflexion…

L’industrie de l’horlogerie de luxe a depuis longtemps calqué le secteur des voitures de luxe – à l’exception d’un domaine essentiel : le marché de l’occasion. Même si quasiment toutes les marques automobiles haut-de-gamme disposent d’un réseau de concessionnaires pour véhicules d’occasion certifiés, autorisés à vendre ses véhicules aux consommateurs, les horlogers n’ont jamais officialisé les modes d’achat et de vente d’articles d’occasion ou vintage. Plus pour longtemps cependant. À mesure que s’accroît la concurrence des détaillants sur Internet, les Suisses vont revoir leurs stratégies de distribution. Les marques présentes sur le marché de l’occasion « préservent leurs marges, leurs tarifs et l’intégrité de la marque au lieu de permettre qu’un méli-mélo de vendeurs en ligne s’engouffrent dans la brèche », avance Andrew Block, président du détaillant en ligne de montres et bijoux TrueFacet. « Je me tire une balle dans le pied mais c’est la vérité. » Victoria Gomelsky

6 / Tu m’étonnes !

Alors que, depuis des années, des marques de bijoux emblématiques comme Cartier et Tiffany & Co. utilisent YouTube comme vitrine pour y présenter un contenu vidéo très travaillé, les petites sociétés ont mis plus de temps à adopter ce poids lourd des réseaux comme canal marketing – une bévue étant donné que le réseau compte 1,3 milliard d’utilisateurs et diffuse 5 milliards de vidéos chaque jour. Or, cette année, les petits acteurs de l’industrie devraient finir par adopter cette voie de communication. L’année dernière, la plate-forme a annoncé une hausse du contenu publié par des détaillants indépendants, sous forme d’entretiens avec des créateurs (consultez l’interview de Stone & Strand avec Stephen Webster), de vidéos expliquant comment acheter et d’infotainment. Regardez par exemple Hodinkee, un site Internet devenu détaillant qui a produit une vidéo pour sa chaîne Youtube expliquant toute la lignée de la montre Omega Speedmaster. Après tout, quel meilleur endroit que YouTube pour faire honneur à des produits très confidentiels ? EV

7 / Des frontières floues entre les catégories

En août, la société de Neil Lane a été rachetée par Authentic Brands Group, une marque qui prévoit de faire entrer ce créateur star sur de nouveaux marchés, comme les articles de maison et les montres. Lloyd Greif, qui a été le conseiller financier lors de la transaction, affirme que cela n’est pas aussi surprenant qu’on pourrait le croire. « Vera Wang a débuté dans les robes de mariée, aujourd’hui elle est partout, explique-t-il. Neil a commencé avec les bijoux mais il n’y a pas de raison qu’un créateur de bijoux ne puisse pas se lancer dans les vêtements. » Lloyd Greif considère aussi que d‘autres créateurs de bijoux prendront le même chemin que Neil Lane : « Les yeux de nombreux créateurs commencent à s’ouvrir. Cela fait naître tout un éventail de nouvelles possibilités. » RB

8 / La couleur pourpre

Dans notre numéro « Best in Show » de juillet-août 2017, nous parlions de la prolifération des bijoux violets au JCK Las Vegas. Pantone vient de publier sa toute dernière palette de couleurs, ce qui nous laisse penser que davantage d’articles de cette teinte vont faire leur apparition sur le marché : trois teintes sur les 12 du printemps 2018 – rose lavande, ultraviolet et crocus de printemps – appartiennent à la famille des violets. (L’International Colour Authority s’est récemment associée aux héritiers du chanteur Prince pour créer Love Symbol #2, une teinte personnalisée qui rend hommage à celui que l’on surnommait « The Purple One ».) Pour les joailliers, les possibilités de mélanges et d’assortiments sont quasiment infinies. Associez de l’améthyste, de l’agate, de la tanzanite et de la sugilite à de l’émeraude, de la turquoise, de la tourmaline, de l’opale boulder, du quartz rose, etc. En prime : le violet va vraiment ressortir face aux couleurs d’agrumes que nous avons récemment découvertes lors de la Fashion Week de New York. Melissa Rose Bernardo

Source JCK Online


Photo © Ippolita.

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